Le CHUGA pratique la greffe de rein « non compatible »

3e Centre le plus important en France pour les greffes de rein avec donneur vivant, le CHUGA pratique la greffe de rein non compatible. Pionnière en Auvergne Rhône Alpes, l’équipe de transplantation rénale du CHUGA a mis en place la technique très innovante de la désimmunisation (permettant une greffe de rein à des personnes initialement non-compatibles immunologiquement ou ayant des groupes sanguins incompatibles) depuis juin 2015.

Trois ans déjà que l’équipe de transplantation rénale du CHU Grenoble Alpes rend possible l’impossible en travaillant sur cette innovation majeure permettant de rompre avec la fatalité de la non compatibilité des groupes sanguins entre donneur et receveur.

A ce jour, il y a en France 80 000 personnes en insuffisance rénale terminale, c’est-à-dire pour qui les reins ne fonctionnent plus. Pour vivre ils ont besoin d’un traitement de suppléance : ce peut être la dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale) ou la greffe rénale.   La qualité de vie des patients est bien meilleure quand ils sont greffés par rapport à ce qu’elle était en dialyse. Il y a environ 48 000 patients dialysés. Parmi ceux-ci 15 000 sont en attente de greffe rénale à partir de donneurs décédés. Mais chaque année il n’y aura qu’environ 3 500 greffes rénales ce qui fait que le délai d’attente médian pour une greffe rénale ne fait que progresser. La seule façon de réduire le hiatus est de développer la greffe rénale à partir de donneurs vivants. En France, la loi de bioéthique permet à toute personne, y compris un ami, de donner de son vivant. Ainsi en 2015 15% des greffes rénales réalisées en France l’ont été à partir de donneurs vivants. Il faudrait que ce pourcentage soit de plus de 50% pour mieux répondre aux besoins. Dans certains cas le donneur est incompatible avec le receveur : l’incompatibilité peut porter sur les groupes sanguins ou sur les groupes tissulaires. En France, en cas d’incompatibilité c’est-à-dire en présence d’anticorps potentiellement très dangereux pour le greffon, le donneur est récusé. Néanmoins depuis quelques années certaines équipes de greffe rénale ont mis en place des traitements pour contourner cette incompatibilité : il s’agit de la désimmunisation. En pratique, dans le mois qui précède la greffe le receveur va bénéficier de séances d’aphérèse permettant de « nettoyer » son sang des anticorps potentiellement dangereux et dirigés contre son donneur en association à des immunosuppresseurs (« anti-rejet ») pour empêcher que ces anticorps ne réapparaissent. C’est grâce aux progrès récents des techniques d’aphérèse (immunoadsorption, double filtration plasmatique) que ces greffes incompatibles sont rendues possibles.

Au CHUGA l’équipe de transplantation rénale a mis en place ces techniques très innovantes en juin 2015. En France, ces techniques ne sont en place que dans le tiers des centres de greffe rénale. La plus simple est celle qui consiste à s’affranchir de la barrière des groupes sanguins. En revanche la technique visant à s’affranchir des incompatibilités tissulaires (immunoadsorption) est beaucoup plus complexe et n’est disponible que dans quelques centres dont le CHU Grenoble Alpes.

Elles ont permis à ce jour de réaliser au CHUGA une trentaine de greffes rénales incompatibles qui ne l’auraient pas été sinon. A ce jour tous les donneurs et les receveurs vont très bien.

Nous souhaitons dans un futur proche faire bénéficier de la technique d’’immunoadsorption à des patients en attente de greffe rénale quasiment « ingreffable » sur le plan immunologique, et qui n’ont pas de donneurs vivants. Cette technqiue permettrait de les rendre compatible avec un donneur décédé expliquent d’une même voix le Professeur Lionel Rostaing et le Docteur Paolo Malvezzi, néphrologues au CHU Grenoble Alpes.

152 greffes rénales réalisées en 2017

Grâce aux efforts conjugués des équipes de chirurgie urologique, d’anesthésie et réanimation et de néphrologie, le CHU Grenoble Alpes a réalisé 152 greffes rénales en 2017. Une très belle performance d’autant qu’une cinquantaine d’entre elles ont été faites à partir de donneurs vivants.

L’accès à la greffe rénale s’améliore grâce à la désimmunisation, une technique complexe utilisée dans seulement un tiers des établissements de santé réalisant des greffes. Il s’agit de permettre une greffe de rein entre personnes initialement non-compatibles immunologiquement ou avec groupe sanguin incompatible.

Vidéo d’une transplantation rénale avec donneur vivant « non compatible » au bloc opératoire du CHUGA avec le Professeur Jean-Jacques Rambeaud et le Docteur Terrier : https://www.youtube.com/watch?v=l1Bj9zlAoA8

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